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Les Américains... Part I

Avant de partir, je voudrais rédiger quelques articles s'appuyant sur mon point de vue personnel, de fille française embarquée plusieurs mois aux États-Unis.

Tenter de rendre compte de ma vision de ce pays et de ces habitants, confronter la réalité aux clichés... Tout en sachant bien que je ne sortirai jamais complètement de mes a priori, de ma culture. Je n'ai absolument pas l'ambition d'être objective, au contraire.

Toute remarque ou question est la bienvenue !

J'ai noté pleins de remarques ces derniers mois, je commencerai cependant par parler de la mixité des populations.

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L'Amérique est le pays de l'immigration par excellence. Je vis dans le centre de Brooklyn, dans un quartier majoritairement Afro-américain. Pour la première fois aujourd'hui, je n'étais pas la seule blanche lors de mes déplacements en bus. J'étais assise entre 4 personnes parlant espagnol, aux visages ronds, corps trapus et cheveux ébènes, typique des populations d'Amérique du Sud. Dans le reste du bus, des métisses, africains, caribéens.

Aux États Unis, on parle sans complexe de race.

Impensable en Europe depuis Cuvier! Ce terme à connotation plus que négative n'a plus sa place dans notre vocabulaire. Est-ce pour autant une invalidité scientifique ? Débat épineux dans lequel je ne m'aventurerai pas. J'ajouterai seulement que si je reconnais bien des différences morphologiques en fonction des origines, rien de tout cela ne doit interférer avec la notion d'égalité entre les peuples. Aux US, le terme "race" apparait partout dans les formulaires : à la banque, à la sécu, à l'université. Et j'ai bien l'impression que les inégalités subsistent.

Il y a deux ans, la Bank of America s'est retrouvé en justice pour avoir pratiqué des taux d'intérêt différents selon ses clients, en fonction de leur origine. http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/12/21/discrimination-sur-des-credits-bofa-paie-335-millions-de-dommages-et-interets_1621300_3234.html

Une de mes collègues m'expliquait que lors de ses études dans une université du Queens (un des grands quartiers de New York), les étudiants occupaient différents dortoir en fonction de leur origine ethnique dans les résidences. Un couloir pour les hispanos, un autre pour les afro etc. Ce qui ne la choquait nullement. Elle m'expliquait au dehors de ça, tout le monde se fréquentait. Mais à l'image de leur série télé, je n'ai encore croisé aucun couple mixte.

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J'ai appris récemment que certains lycées américains n'organisait pas leur fameux bal de fin d'année pour tout le monde, mais seulement pour les blancs. Ainsi le lycée de Wilcox en Géorgie a vu son premier bal mixte cette année, à l'initiative des lycéens... Et ce n'est pas un cas isolé.

Immeuble commerçant dans un quartier asiatique du Queens.

Immeuble commerçant dans un quartier asiatique du Queens.

Ils acceptent aisément de tous se côtoyer, acceptent bien plus facilement que nous le faisons, je crois, les différences culturelles. Ils ne montrent pas du doigts les femmes voilées, ne semblent pas voir les accoutrements des familles juives pratiquantes, ne se choquent pas des tenues exubérantes de la jeunesse blanche branchée... Tout va bien, mais chacun reste chez soi. Chaque quartier a son ambiance, car chaque quartier a sa population. C'est le principe du Salad bowl (préféré à son ancien terme Melting pot). Des communautés se créent, n'interagissant que peu ou pas avec les autres. Dans le quartier juif de Crown Heights à Brooklyn, les indications des devantures de magasins, des bus scolaires etc. sont indiqués en hébreu. Une forte population de Dominicains occupe une partie du Bronx. Les publicitaires s'adaptent au lieu, la plupart des affiches sont en espagnol. Je me suis rendue chez des commerçants ne parlant pas un mot d'anglais, alors qu'ils sont établis aux US depuis plusieurs années.

Un tour chez le coiffeur à été pour moi une formidable expérience, pomponnée pendant 2 heures par une coiffeuse et sa clientèle habituelle qui échangeait dans un dialecte semi inconnu. Je me suis sentie transporter dans leur chaude île...

New York peut vous faire faire le tour du monde !

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